AM : Bonjour, merci pour ton temps. Alors, premièrement, est-ce que tu es toujours d’accord pour être enregistré ?
CM : Oui.
AM : Ok, nickel. Alors globalement, aujourd’hui, dans le cadre de cette interview, on va aborder le sujet du marché d’occasion dans le cadre d’une étude de marché que l’on est en train de mener avec mon groupe. Alors, est-ce que brièvement tu peux te présenter ? Si tu veux être anonyme, tu peux, sinon tu peux dire ton nom, ce que tu fais dans la vie étudiante, si tu travailles, etc. Voilà, un peu te présenter rapidement, s’il te plaît.
CM : Pas de souci. Alors, je m’appelle Chiara, je suis actuellement étudiante en master. Je vais avoir 22 ans et voilà pour une petite présentation.
AM : Très bien, nickel. Donc, tu vas voir, cette interview va être divisée en 4 thèmes. Je t’en ferai part au fur et à mesure, et les questions vont être assez générales au départ, puis après on ira un peu plus dans le détail. Donc, pour commencer avec une question très générale : est-ce que tu connais le marché de l’occasion ?
CM : Sur le marché d’occasion, moi, j’entends plus parler du marché de la seconde main, plus que de l’occasion. Je sais que ça se traduit sous plusieurs formes : ça peut être des applications, ça peut être des sites internet tout simples qui n’ont pas d’application, ça peut être des points de vente de revente aussi, ça peut être des lieux pour aider les plus démunis… ou pas, c’est accessible à tous selon tous les budgets. Il peut y avoir des prix ou pas justement pour aider. Donc voilà, c’est une idée très globale, quoi.
AM : Très bien, très bien. De toute façon, on va entrer dans le détail après, comme je l’ai mentionné. Donc toi, quelle est ton expérience avec la seconde main ? Est-ce que tu as déjà acheté, peut-être vendu en seconde main, justement après avoir utilisé un vêtement ?
CM : Les deux, les deux. J’ai notamment été présente sur l’application Vinted pour acheter et vendre. Sur cette application, j’y suis maintenant depuis 5 ans, plus ou moins. Bonne expérience. Sinon, en seconde main, j’ai aussi l’habitude d’aller en friperie beaucoup, ou à la ressourcerie éventuellement aussi.
AM : Ok, nickel. Et tu viens de mentionner des expériences plus ou moins positives. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Même si on y reviendra un peu par la suite, est-ce que tu as une expérience qui t’a marquée, qu’elle soit positive ou négative ?
CM : Dans les expériences positives et négatives, il y en a qui m’ont marquée. Dans les positives, tout simplement, quand on communique sur une application, souvent on doit poser quelques questions à la personne en face, celle qui va nous vendre le vêtement. Il y en a qui répondent très gentiment, poliment, et d’autres moins. Donc on va dire que sur l’aspect communication, il peut y avoir des bonnes et des mauvaises expériences.
Après, ça va être sur le produit que l’on reçoit. La plupart du temps, c’est de bonne qualité ou alors on est content de l’emballage. Moi, par exemple, il m’est arrivé deux fois que le produit arrive déchiré ou que ce ne soit pas le produit que j’avais acheté. Donc, on peut avoir quelques surprises, parce qu’effectivement, c’est un marché totalement autonome, il n’a pas de règles, même s’il est de plus en plus régulé en ce moment.
Sur les applications, on ne peut pas vraiment contrôler ce qui est envoyé. La plateforme est souvent réactive, mais peut laisser passer quelques écarts.
AM : Ouais, nickel. Et tu te considérais plutôt comme une consommatrice régulière ou plutôt occasionnelle ? Est-ce que, par exemple, tu y vas toutes les semaines, ou est-ce que c’est plus une fois par mois ? Est-ce que tu vas tous les jours sur une appli pour voir ce qui se passe ? Enfin, comment tu te situes par rapport à ça ?
CM : Il y a quelques années, j’aurais dit vraiment une utilisatrice quotidienne. En ce moment, plus occasionnelle, parce que mon style d’achat a évolué. Avant, je pouvais faire plus d’achats compulsifs sur des petites pièces par-ci, par-là, à 2, 3, 5, 10 euros. Alors que là, je vais plutôt me concentrer sur des pièces de qualité, que je n’ai pas forcément envie d’acheter en magasin à des plus gros budgets, et que je vais rechercher sur des sites tels que Vinted ou Vestiaire Collective pour des pièces un peu plus de luxe. Donc, c’est une autre manière de consommer.
AM : Ok, nickel. Donc là, depuis tout à l’heure, on parle beaucoup de Vinted et notamment des vêtements. Est-ce que tu connais d’autres marchés ou d’autres industries où la seconde main peut exister ?
CM : Il y a énormément d’industries. La mode, mais aussi le sport, qui fait beaucoup ça maintenant. Ce ne va pas forcément être de la revente, mais plutôt de la réparation. Il me semble que c’était l’exemple de tout ce qui est marques de sport, comme Intersport ou Décathlon, qui vont soit récupérer, par exemple, des anciens vélos, les remettre à neuf et les revendre.
Il y a aussi les maisons de luxe… Bon, après, ça, c’est vraiment axé mode, où elles ouvrent un second marché. Et après, j’imagine qu’il y a le marché d’occasion sur Leboncoin, pour tous les meubles par exemple. Il peut aussi y avoir des voitures d’occasion, forcément.
C’est un gros marché. Après, moi, je ne m’y intéresse pas forcément, puisque je n’ai pas encore l’âge d’en avoir besoin. Mais il y a de tout et pour tout le monde.
AM : Ok, bah écoute, merci pour ces réponses. Est-ce que tu connais des plateformes autres que Vinted, par exemple ? Là, tu as mentionné Leboncoin. Est-ce que tu en as d’autres, très connues, peut-être anciennes ou justement des nouvelles qui se développent ?
CM : Le Bon Coin, Vestiaire Collectif… Non, je ne sais pas. Par exemple, on entendait eBay. Non, après, ben, moi, c’est vachement axé sur mes centres d’intérêt et selon mes besoins, donc plus mode. Mais après, je suis sûre d’en avoir déjà entendu parler, mais je m’en rends pas forcément compte.
AM : OK, nickel. Ben écoute, on a fini le premier thème qui était donc les connaissances un peu générales. Le 2e thème que j’aimerais aborder, c’est exactement ce sujet : les motivations. Et globalement, qu’est-ce qui t’incite à acheter sur ces plateformes, ce qui t’incite à acheter en seconde main ? Voilà, un peu tout ce qui contribue à cet achat, différentes motivations.
CM : Je dirais, en premier lieu, que je suis étudiante, donc un niveau de budget… La première motivation, c’est l’argent. C’est quelque chose qu’il faut travailler, tout simplement, et qu’en tant qu’étudiante, on n’a pas forcément l’occasion de travailler dès maintenant ou de pouvoir s’offrir des belles pièces ou acheter énormément. Après, je dirais que j’avais une conscience aussi écologique, à un moment. À un moment donné, ça se traduisait par un achat compulsif, mais pas en magasin, plutôt en ligne. Donc, cette motivation écologique se concentre plus sur l’achat de pièces de qualité, de seconde main, ou alors aussi en boutique. Mais c’est une motivation. Et ensuite, oui, c’est pratique, parce qu’on choisit vraiment tout. Il y a de toutes les époques. J’avais un moment, par exemple, le vintage qu’on ne trouve pas forcément ailleurs. Donc, ça va être les tendances, les prix à rabais et l’écologie.
AM : Nickel. Donc là, justement, tu mentionnais un peu toutes les tendances, les choses comme ça. Et selon toi, les publicités aident justement ou un site à aller acheter en seconde main, ou généralement, les publicités sont plus orientées sur le neuf ? Voilà, est-ce que, d’après toi, les publicités ont un rôle à jouer pour ces sites, les publicités en général, que tu peux voir dans le métro, dans la rue, n’importe où, à la télé ?
CM : Non, parce qu’il n’y en a pas assez. Je pense que, ben, en fait, pour les grosses marques… Non, pardon, je m’exprime mal. Pour les applications telles que Vinted et Le Bon Coin, on a forcément dû voir passer des pubs à la télé, mais par exemple, comme on prenait l’exemple tout à l’heure des voitures, il n’y a jamais de site de voitures d’occasion qui va être mis en avant fortement par les publicités. Donc, je trouve que ce n’est pas assez mis en avant à la télévision, sur nos tablettes, dans les pubs qui peuvent pop-up sur les côtés, et tout ça, sur Internet. Suivant ce que nous, on cherche, ben, on va y aller. Les publicités, vous savez, qui sont directement reliées à nos recherches, qu’on accepte ou pas d’être suivis, en fait. C’est dans les cookies, pardon. Et donc voilà, on a plus ou moins nos centres d’intérêt qui apparaissent maintenant. Il n’y en a pas assez et pas pour les bonnes raisons souvent.
AM : Euh, donc toujours pour poursuivre un peu sur tes motivations, quand tu achètes un produit, est-ce que c’est généralement un besoin, parce qu’il te manque quelque chose, ou ça va plus être… Tu mentionnais l’achat compulsif. Aujourd’hui, comment tu vois un peu ta démarche d’achat ? Est-ce que c’est plus pour compenser un vêtement qui te manque, ou n’importe quoi, ou ça va être pour l’avoir en plus et élargir, par exemple, ta garde-robe, si on reste dans le milieu du vêtement ?
CM : Alors, si on reste dans le milieu du vêtement, avant, non, j’achetais juste pour en avoir plus, parce que c’était pas cher. Maintenant, oui, ma manière d’acheter a évolué. Même quand je fais du shopping en magasin, directement, c’est le besoin ou alors vraiment j’ai flashé dessus et je n’ai pas les moyens de m’acheter en vrai. Donc je vais chercher sur ces applications. Après, sur Le Bon Coin, par exemple, c’est une application où je pense qu’il faut y aller plus de manière opportuniste. Par exemple, on a un appartement, il nous manque un meuble, c’est un besoin. Donc je pense que c’est différentes plateformes pour différents besoins. Maintenant, je dirais qu’aujourd’hui, c’est plus réfléchi. C’est plus réfléchi, parce que c’est aussi une envergure différente. Parce qu’il y a quelques années, c’était Vinted, c’était génial, tout le monde en voulait tout le temps, tout le temps. C’est un marché qui a eu un essor énorme et qui maintenant reste un marché très populaire auprès de tous, mais qui est de moins en moins parlé. Voilà.
AM : OK, nickel. Donc là, on vient de mentionner plusieurs facteurs, que ce soit le prix, l’impact écologique, le besoin potentiellement, l’impact social. Comment, toi, sur un achat, tu répartirais un peu tous ces facteurs, si on parlait…
CM : Un pourcentage ?
AM : Ouais, par exemple, en pourcentage.
CM : Je dirais que l’argent serait à 60%. Non, non, non, le besoin, je dirais que le besoin c’est 40%, l’argent 40%, et 20% l’écologie.
AM : OK, nickel. Bah écoute, très clair, très précis. Écoute, si t’as un ajout sur cette partie-là, je te propose de passer à l’inverse, à savoir les freins. Qu’est-ce qui pourrait te freiner dans l’achat de seconde main ?
CM : Tout d’abord, ce qui pourrait me freiner, c’est le vendeur. Le vendeur, parce que souvent, nous avons accès à la fiche du vendeur, enfin de celui qui va vendre l’article sur toutes les plateformes. Voilà, si c’est pas un profil qui m’inspire confiance, qui n’a pas assez de description, qui n’a pas assez de notes ou de bons commentaires, etc. Ce qui pourrait aussi me freiner, c’est le fait qu’il y ait un manque de confiance, et ce que ça va être livré de la même façon que ce qu’on m’a vendu. Par exemple, imaginons un meuble qui a été mis en vente il y a trois ans et qui n’a toujours pas été vendu. Je l’achète. Est-ce qu’il va me le livrer ? Est-ce qu’il va être nettoyé ? Par exemple, si c’est un vêtement, est-ce qu’il va puer ou pas sentir les odeurs ? Non, mais c’est vrai, ça arrive. Ben moi, j’avais acheté une veste vintage, du coup, qui puait le renfermé. Donc, ça, c’est irrécupérable et ce n’est pas mentionné. Généralement, les gens mentionnent quand il y a une petite odeur, ou par exemple, si c’est un vêtement qui a été enfermé dans un placard pendant 10 ans. Ouais, là, on a une idée, on sait à quoi s’attendre. Donc je pense que les freins ce seraient plus ça. Et oui, après, forcément, on a une idée de ce que ça vaut en boutique et les gens qui remettent à neuf… Je parle des habits, bien sûr. Il y en a qui remettent à neuf, avec l’étiquette. Bah du coup, ils remettent au même prix, ce qui est bien, mais du coup, là, on est là pour vendre, pour marchander. Voilà, les freins, du côté vendeur, ce seraient de ne pas vendre vite, parce qu’encore une fois, le but c’est de se débarrasser des choses, de ne pas stocker. Bon, après, il y en a qui font tout un marché, un petit business, qui est, du coup, un peu illégal, depuis que Vinted, par exemple, a mis des règles à partir d’un certain revenu. Mais voilà, d’un point de vue vendeur, c’est le temps. Est-ce que l’argent va être accepté ? Par exemple, si on détient une voiture, ben généralement, c’est parce qu’on doit la vendre pour en acheter une autre. C’est encore une question de temps. Après, voilà, ça c’est des applications et en présentiel, du coup, c’est beaucoup mieux. Mais après, les points de vente, ce qui freine, c’est que les points de vente sont loin, généralement des centres-villes. Difficile d’accès. Il faut souvent une voiture ou alors beaucoup de temps à s’accorder. Alors qu’une application, bah c’est direct. Voilà, sur Le Bon Coin, souvent, ils proposent des rendez-vous physiques pour échanger l’article, ce qui est faisable ou pas faisable. Donc les freins, ce serait ça, je dirais.
AM : OK, nickel. Non, bah écoute, c’est très intéressant. Là, j’aimerais juste revenir du coup sur quelques points que t’as mentionnés. Ben, l’un des derniers, c’est justement les lois. Tu parlais des lois qui ont été faites passer sur Vinted. Comment toi, tu te tiens au courant un peu de ça ? Est-ce que c’est parce que t’es utilisatrice de l’application ou de la plateforme que tu le vois ? Il y a des messages où c’est du bouche-à-oreille, on t’a prévenue justement qu’il y avait des nouveaux changements ? Comment, un peu, t’es au courant de ça ? Est-ce que tu penses que la communication est relativement bien faite par rapport à ça, vu que c’est un marché relativement nouveau ?
CM : Alors, je pense que moi c’est un peu spécial, c’est que je me suis intéressée dans le cadre d’un cours à l’école de commerce, je précise. Je me suis intéressée dans le cadre d’un cours de droit, en fait. Donc j’ai eu une étude de cas où je devais choisir, non, je devais choisir une étude de cas, et j’avais justement choisi un truc sur le marché de la seconde main. Et donc je m’étais intéressée à toutes les lois. Et sinon, sur les applications, je trouve que non, c’est assez bien fait, parce que souvent on a des petites notifications, des points rouges qui ressortent. C’est pas que les cookies et tout, vous savez, on descend les politiques et on accepte. Souvent, c’est assez rappelé régulièrement dans les boîtes mails et tout, donc non, je trouve que la communication est assez impactante sur ce point-là, si on n’a pas la flemme de la lire. Voilà. Et après, par contre, en présentiel, du coup, je ne sais pas du tout, mais je pense que non, ceux qui ne sont pas intéressés, qui ne sont pas du tout dans ce milieu, ils ne sont pas du tout au courant de ce que ça peut engendrer d’acheter énormément ou de revendre énormément et d’avoir un business autour de ça. Pareil, qu’est-ce qu’on peut faire quand on reçoit un article défectueux, etc. ? Il y a une loi qui s’applique là-dessus, et ils ne sont pas forcément au courant.
AM : Nickel, OK. Ben écoute, très bien. Je voulais aussi revenir sur le point où tu parlais de l’identité des personnes. Donc évidemment, il y a la question de la confiance. Toi, quels sont un peu tes limites par rapport à ça ? Quand est-ce que tu vas… Quels sont les points, par exemple, qui te feraient perdre confiance dans le vendeur et donc potentiellement… ?
CM : En tant que vendeur ou acheteur ?
AM : Les deux, n’importe.
CM : C’est par exemple, ça va être les notations des gens… Excuse-moi, tu disais ?
AM : Ouais, OK. Non, bah c’est… Non mais c’est très bien, justement, je voulais te donner quelques-uns, mais les notations, c’est très bien. Ou alors, les… Par exemple, je sais que sur Instagram, tu vois, alors c’est totalement différent, ce n’est pas le marché d’occasion, mais tu vois, t’as la petite pastille bleue qui vérifie le… Donc voilà.
CM : Ça, c’est des vendeurs qui se sont dits pro, parce qu’ils ont l’habitude de vendre énormément. Après, sur les pièces de luxe, par exemple, maintenant c’est certifié par Vinted. Généralement, ils doivent passer par une certification, qui est moins sûre que, par exemple, sur Vestiaire Collectif, mais ça reste quand même assez important. Donc je pense, oui, les commentaires et les certifications sur des grosses pièces. Si c’est des petits achats, un petit peu… Excusez-moi d’expression, mais à la ***… Non, je vais pas trop regarder ça. Et en présentiel, oui, ça va être… Bah après, souvent, ça va dans les friperies, dans les ressources, on n’a pas beaucoup de contact de relation avec un vendeur, pas comme en librairie, boutique. Mais voilà, ça va être… Bah, est-ce que le lieu paraît bien quand même ? Est-ce que quand je vais arriver à la caisse, on va prendre… Est-ce qu’on va prendre mon argent ? Est-ce qu’on va être honnête ? Est-ce que si je pose une question, on va me répondre bien, etc. ? Non, oui, je dirais que c’est majoritairement les notations. Par exemple, s’il n’y a pas plus de 10 notations, je pense que j’irai pas non plus. Je regarde les commentaires, je regarde vraiment juste le profil. S’il n’y a pas de photo, mais qu’il y a des bons commentaires, j’y vais. S’il y a une photo avec des mauvais commentaires, bah non, ça n’a rien. Ça n’attire pas confiance. Mais par contre, si c’est une nouvelle personne qui se lance, qui a un profil détaillé, et qui dit bien tout, qui a une petite photo et tout, qui n’a pas encore de notation, mais que ses vêtements paraissent clean, ouais, bon ben OK, il n’y a pas de souci.
AM : OK, parfait. Et le dernier point sur lequel je voulais revenir, c’était celui de la qualité. Donc, tu mentionnais également que parfois, il y avait des applications, alors je pense notamment à Back Market…
CM : J’avais oublié cette application !
AM : Ouais, bah voilà, Back Market où il précise la qualité, donc soit neuf, en mauvais état, etc. Toi, ce serait quoi, alors ? Tu mentionnais le prix également. Vers quelle tranche de prix ou alors est-ce qu’il y a une limite au niveau du prix où tu basculerais plus sur du neuf par rapport à du reconditionné en état neuf ? Et est-ce que, je sais pas moi, au-dessus de 20€ de différence, tu vas prendre du neuf ?
CM : Généralement, je le fais en pourcentage. Si je suis à 20% du neuf, ben je me dis, d’attendre et d’acheter le neuf tout simplement, ou d’investir directement dans une pièce neuve. À part bien évidemment si, par exemple, c’est du neuf neuf. Bon ben voilà, je vais économiser les 20%. Ouais, mais voilà. Mais par exemple, Back Market, comme les autres applications, j’ai oublié un détail important : dans la sélection, vous savez, vous pouvez sélectionner mauvais état, bon état, reconditionné, très bon état, neuf, etc. Eh ben, je me situe toujours généralement dans le très bon état ou neuf, parce que je veux pas avoir de problèmes. Généralement, bon, à part effectivement pour des petits achats comme ça, mais comme ça, généralement, je suis sûre de la qualité. Et pour des grosses sommes, comme Back Market, c’est généralement de l’électronique, il faut faire attention. Il faut faire attention au revendeur, que ce ne soit pas un revendeur, par exemple, finalement les revendeurs étrangers, chinois, etc. Et ce que ça va être, l’iPhone d’origine, que ça va être la batterie d’origine, que ça va être les écouteurs d’origine, c’est plein de questions qui peuvent se poser.
AM : OK, nickel. Écoute, dernière question sur cette partie-là, en tout cas, je voulais savoir. T’as beaucoup de sites, alors t’en a qui s’impliquent dans ça, mais t’as beaucoup de sites aussi qui ne prennent pas la responsabilité quand il y a un litige, justement, entre le vendeur et l’acheteur, et qui se détachent totalement, en fait, de ce conflit, et ils leur disent globalement « régler ça entre vous ». Toi, c’est quoi ton avis là-dessus ? Est-ce que t’as déjà eu une expérience justement où t’as reçu un vêtement en mauvaise qualité et qu’est-ce que la plateforme a fait ou ne pas fait justement pour gérer ce conflit ?
CM : Alors, mon avis, c’est que chaque personne se doit de se tenir au courant de comment ça se passe lors d’un litige. Donc, il y a plein d’applications qui, effectivement, ne prennent pas en compte ce genre de litige. Sur Vinted, la plupart des choses sont prises en compte. Moi, j’ai eu un litige, j’ai ouvert un litige sur Vinted, que j’ai remporté. Simple, voilà, j’ai montré la preuve et voilà, j’ai tout de suite été remboursée, y’a pas eu de souci, j’ai pas eu un mauvais commentaire, rien du tout. Après, voilà, si des sites ne prennent pas en compte les litiges, j’aimerais bien en être informée, donc une communication, par exemple, du site ou alors sur Google, ou je ne sais pas quoi, qui est mentionnée quelque part. Et si la personne en parle, mais généralement, normalement, on entend parler, même sur les réseaux, même de bouche-à-oreille, on en entend parler s’il y a vraiment des problèmes graves sur certains litiges. Mais mon avis, c’est que, ben en fait, faut se tenir au courant. On peut pas tenir une plateforme responsable de quelque chose en quoi elle n’a rien à faire, si elle a prévenu avant. Si elle n’a pas prévenu et qu’au final, elle s’en occupe pas, OK. Si elle a prévenu par contre que oui, on s’en occupe et qu’elle ne fait rien, dans ces cas-là, bon, bah ça va dépendre aussi de l’objet. Si c’est un téléphone, bah on parle de quelque chose de plus grand, si c’est un t-shirt à 2€, voilà, faut pas abuser. Faut pas non plus employer les grands moyens, mais je pense que dans les applications, on se doit de tenir au courant et on doit nous-mêmes avoir notre propre responsabilité civile en se disant qu’on a une conscience. On sait que ce sont des personnes qu’on ne connaît pas, donc on fait en sorte de se renseigner en cas de problème.
AM : Ouais, c’est aussi un risque que tu prends parfois. OK, ben écoute, merci, c’était super clair. Je te propose d’attaquer le dernier thème du coup. J’aimerais qu’on parle un peu du futur. Toi, un peu, quelle est ta vision là-dessus et comment tu penses que le marché de l’occasion ou de la seconde main va évoluer, et c’est plutôt positif ou négatif dans l’ensemble ?
CM : Je pense que le marché de la seconde main, d’occasion, va énormément évoluer par le futur, notamment parce qu’on a beaucoup plus de communication qui est faite grâce à cela, notamment grâce aux réseaux sociaux, à comment on éduque les nouveaux jeunes, bah, nous-mêmes, notre génération. Et du coup, dans le futur, nous, nos enfants, les futures générations, etc., on les aidera, on les éduquera de plus en plus dans ce sens-là. L’environnement dans lequel on vit fait que nous sommes tenus au courant qu’il y a des problèmes environnementaux, il y a des problèmes économiques, des vêtements et ce qu’il faudrait pas le donner à des associations. Il y a aussi des marchés d’association, c’est un marché de seconde main qui est aussi fortement important, les associations, faut pas oublier qu’elles aident beaucoup de personnes. Voilà, je pense qu’il faut penser aux autres, il faut penser à soi pour acheter neuf, alors qu’on peut avoir la même chose pour moins cher. Mais c’est vrai, donc je pense que non, ça a un beau futur. De plus en plus de marques l’ont compris, de plus en plus de marques le font. Généralement, sur les sites internet de tous les domaines, on propose de la seconde main, on propose de réparer, on propose de revendre, de reprendre s’il y a… Si on n’a finalement pas la nécessité, etc. Par exemple, ils ont un énorme marché de seconde main que très peu de personnes connaissent, alors qu’il est vachement présent.
AM : OK, nickel. Donc toi, est-ce que finalement tu considères ce mouvement plus comme une tendance ou quelque chose qui va vraiment durer dans le temps ? On peut notamment penser par exemple au développement pendant le COVID, où les magasins étaient fermés, et que du coup, on va dire que c’est vraiment là où il y a eu une forte explosion de ce marché-là. Toi, est-ce que tu penses que ça va finalement diminuer au fur et à mesure ou c’est quelque chose qui va ne cesser finalement d’augmenter, peut-être par rapport aussi à la prise de conscience écologique, tout ça, tout ça ?
CM : Alors, je sais pas si ça va continuer d’augmenter, mais en tout cas, ce qui est sûr, c’est que ça va minimum stagner, au minimum, parce qu’à un moment, on ne peut pas utiliser toutes les ressources non plus, elles ne sont pas infinies. Mais l’individu est fait tel que… On a un pouvoir d’achat et on s’en sert quotidiennement, et pour tout. Par exemple, le marché de l’alimentaire, oui, le marché de l’alimentaire qui aide énormément. Donc oui, c’est un marché qui va se développer. Je pense beaucoup plus les « Too Good To Go », les paniers repas, certains restaurants qui offrent à la fin des services, tout simplement parce qu’ils ne vont pas gâcher. C’est une prise de conscience collective. Donc non, je pense que c’est que du positif. Que ça stagne ou que ça grandisse de différentes manières, mais il restera toujours ce genre de l’achat direct, parce qu’en effet, c’est l’offre et la demande.
AM : OK, nickel. Et enfin, dernière question. Est-ce que tu penses à un ou deux points qui pourraient améliorer justement le marché de la seconde main ? Pas peut-être en relation avec justement tes freins ou n’importe, mais quelque chose que toi, en tout cas, t’aimerais voir plus se développer pour améliorer ce marché ou pas ?
CM : Non, tout de suite, rien ne me vient à l’idée, parce que ceux qui ont réfléchi à ces applications sont déjà très matures et ont réfléchi à toutes sortes de possibilités. Je pense qu’à un niveau plus personnel et plus local, avoir par exemple dans les mairies… Voilà, un point de seconde main, que ce soit une association ou juste vraiment une petite friperie, mais enfin pas une friperie, mais voilà un endroit dans chaque ville, en fait, pour que ce soit accessible à tous. Que ce soit donc pour l’électronique, pour des meubles, pour s’habiller, pour des livres, par exemple, et tout. Je pense qu’un point d’accès dans chaque ville pourrait être sympa à penser, parce que les mairies pourraient largement développer… Enfin, les mairies de toutes les communes pourraient largement penser à prendre ça pour pouvoir inclure tout le monde dans ce projet. Mais sinon, non.
AM : OK, ben écoute, très bien. Est-ce que t’as quelque chose dont tu voudrais ajouter ou sur lequel tu voudrais revenir, ou tu penses avoir fait le tour ?
CM : Non, je pense que j’ai pas mal développé sur ce sujet, c’était très intéressant.
AM : Ben écoute, merci pour tes réponses, merci pour ton temps.
CM : Merci.
AM : Puis c’était très sympa, merci beaucoup.
